L'ascension fulgurante de la chanteuse brésilienne Ana Castela a fait plus que simplement mettre à jour le genre sertanejo avec des influences pop ; elle est devenue un modèle pour une nouvelle génération d'artistes. À Ribeirão Preto, São Paulo, la chanteuse de 22 ans Marcela Morais est un parfait exemple de ce phénomène, après avoir complètement revu sa direction artistique suite à la découverte de la 'Boiadeira.' Le parcours de Marcela est particulièrement frappant compte tenu de ses origines. Élevée dans un foyer où la MPB et le rock étaient la norme, elle a grandi en écoutant des divas pop internationales comme Ariana Grande et Beyoncé. Le monde de la musique country était totalement étranger à sa famille. Pourtant, une conviction profonde de devenir chanteuse l'a amenée à une prise de conscience cruciale alors qu'elle se produisait dans des bars locaux en 2021 : le sertanejo était le son dominant de la région et la clé pour se connecter avec le public. Elle a rapidement appris 15 chansons sertanejo pour démarrer.
Le véritable tournant est survenu en 2022 avec l'explosion du hit d'Ana Castela 'Pipoco'. Une amie a insisté pour que Marcela regarde le clip, lui présentant une artiste qui fusionnait avec succès le sertanejo avec des beats électroniques et une esthétique 'boiadeira' avant-gardiste. Au début, le style semblait inhabituel, mais Marcela l'a rapidement reconnu comme la pièce manquante de sa propre carrière — un moyen de fusionner ses sensibilités pop avec le format sertanejo. Cette inspiration a directement façonné son écriture. Là où elle composait autrefois des paroles en anglais sur le chagrin d'amour, elle crée maintenant des chansons axées sur l'esthétique 'popnejo', mélangeant ce qui est commercialement viable avec sa vérité personnelle. Sa première chanson originale dans cette veine, 'As Meninas da Cidade', reflète sa perspective unique en tant que personne issue d'un milieu urbain qui a adopté la culture du rodéo par passion.
Marcela comprend les exigences de l'industrie musicale moderne. Elle embrasse le besoin de chansons courtes et accrocheuses avec des chorégraphies faciles à apprendre qui peuvent prospérer sur des plateformes comme TikTok et Instagram. Plutôt que de résister, elle s'adapte, considérant cela comme une mise à jour de sa méthode sans compromettre son essence. Son identité visuelle est tout aussi stratégique et personnelle. Elle a fait de la couleur rose sa signature, de son chapeau à ses bottes personnalisées. Pour Marcela, le rose symbolise la féminité, l'innovation et la force d'une femme travailleuse poursuivant ses rêves sur de grandes scènes. Cette image de marque, combinée à des performances chorégraphiées avec des danseurs de fond, la distingue sur un marché concurrentiel.
Bien qu'elle n'ait jamais rencontré son idole en personne, Marcela consacre un temps considérable à étudier l'art d'Ana Castela. Elle regarde des enregistrements complets de concerts sur YouTube, analysant sa présence sur scène, son interaction avec le public et ses mouvements. Cette étude autodirigée alimente son ambition, son objectif de vie ultime étant de partager un jour la scène avec Ana Castela pour un duo.
La poursuite artistique de Marcela est soutenue par une base cruciale : sa famille. Ses parents, autrefois peu familiers avec le sertanejo, ont pleinement embrassé la passion de leur fille. Ils offrent un soutien à la fois financier et émotionnel, assistant à ses spectacles et apprenant ses paroles par cœur. Ce soutien familial est essentiel alors que Marcela continue d'investir dans sa carrière, qui n'est pas encore autosuffisante. Son histoire témoigne de la façon dont l'influence d'un seul artiste peut déclencher une transformation de carrière, mêlant tradition et tendances pop modernes dans la scène musicale brésilienne. Basé sur un reportage de g1.