Alors que Lecce se prépare pour un choc monumental de Serie A contre la Juventus, le directeur technique du club, Pantaleo Corvino, a offert un aperçu fascinant, mêlant respect tactique et admiration personnelle. Le match est bien plus qu'une rencontre de routine ; pour Lecce, il représente un tournant critique dans leur lutte désespérée contre la relégation, tandis que pour la Juventus, c'est une autre étape dans leur quête de qualification pour la Ligue des champions.
Corvino, un vétéran avec plus de 1800 matches à son actif, décrit la rencontre en termes clairs. Il la qualifie de scénario classique de 'David contre Goliath'. Pour Lecce, les enjeux sont existentiels. "Nous sommes condamnés à souffrir jusqu'à la fin pour éviter la relégation, car quand on descend, on n'est plus en Serie A", a déclaré Corvino. Il a souligné que par rapport à l'objectif de la Juventus d'atteindre la Ligue des champions, son équipe a "quelque chose de plus à perdre". Ce contexte souligne l'immense pression sur l'équipe d'Eusebio Di Francesco, qui détient actuellement une avance de quatre points sur Cremonese avec trois matchs restants.
Malgré la pression, Corvino a exprimé toute sa satisfaction quant au travail de Di Francesco, notant que l'équipe a cinq points de plus qu'au même stade la saison dernière. Il a félicité l'entraîneur pour avoir représenté les principes et les valeurs territoriales du club, espérant une meilleure fortune que celle que Di Francesco a connue lors de ses précédents passages à Frosinone et Venise. Le directeur a également souligné le développement de jeunes talents comme les défenseurs Tiago Gabriel et Siebert, et le milieu de terrain Ngom, comme des points positifs clés de la campagne.
La conversation s'est naturellement tournée vers l'adversaire, et Corvino a été très élogieux envers l'entraîneur de la Juventus, Luciano Spalletti. Il a salué les entraîneurs italiens comme parmi les plus préparés au monde, citant Spalletti comme "une excellence" et "parmi les plus représentatifs pour l'art de faire", soulignant son impact immédiat depuis qu'il a pris les rênes des Bianconeri. Corvino a établi un parallèle entre Spalletti et Di Francesco, suggérant qu'ils partagent une philosophie de football similaire ancrée dans l'utilisation du jeu pour façonner de "grandes créatures", bien qu'avec des résultats différents.
Cependant, le segment le plus sincère de l'interview concernait l'attaquant de la Juventus Dusan Vlahovic. Corvino entretient un lien personnel profond avec l'attaquant serbe, l'ayant recruté pour la Fiorentina alors qu'il était adolescent au milieu d'un scepticisme général. "Vlahovic est un morceau de mon cœur", a révélé Corvino. "Je l'ai acquis très jeune, en utilisant une place non-UE à Florence. Sa vente a établi un record historique pour la Fiorentina." Il a reconnu que les blessures ont entravé la progression de Vlahovic mais a insisté sur le fait que son récent but sur coup franc contre Vérone n'était pas un accident, rappelant comment le joueur a perfectionné cette compétence dès son plus jeune âge.
Quand on lui a demandé s'il conseillerait à Vlahovic de rester à la Juventus, Corvino a diplomatiquement éludé, déclarant que le joueur est maintenant un homme dans un grand club qui n'a pas besoin de ses conseils. Pourtant, il croit fermement que Vlahovic peut encore apporter beaucoup à la Juventus et que le club bénéficiera grandement de l'avoir en pleine forme. "Il y en a peu comme lui", a affirmé Corvino. Il est allé plus loin, qualifiant Vlahovic de "vrai numéro 9" et de "pur-sang" qui, s'il est en bonne santé, pourrait dépasser les 20 buts en une saison sous la direction de Spalletti.
L'admiration de Corvino pour le talent de la Juventus ne s'est pas arrêtée à Vlahovic. Il a également identifié le jeune attaquant Kenan Yildiz comme un "pur joyau" et un "bijou bianconero", félicitant le chef du recrutement de la Juventus, Matteo Tognozzi, pour sa prévoyance en sécurisant un joueur aux perspectives aussi immenses. Cette reconnaissance de la qualité de la Juventus par un rival direct ajoute une couche de respect à la bataille tactique à venir.
En regardant le tableau plus large, Corvino a réfléchi à la difficulté croissante d'obtenir le maintien en Serie A, citant la présence de propriétaires étrangers riches et de fonds d'investissement. Assurer ce qui serait son onzième sauvetage en deux cycles à Lecce, selon ses mots, "consoliderait un héritage inestimable" pour le territoire et ses fans. Bien qu'il rêve d'une surprise contre la Juventus, il a souligné que l'objectif ultime est le maintien, bien plus important que tout résultat d'un seul match.
L'interview dresse un tableau vivant d'un club qui se bat pour sa vie contre un géant, guidé par un directeur qui respecte l'adversaire mais est farouchement dévoué à sa propre mission. L'histoire personnelle de Corvino avec Vlahovic ajoute un sous-intrigue poignant à un match défini par des enjeux élevés et des ambitions contrastées. Alors que Lecce se prépare pour cette rencontre 'David contre Goliath', les paroles de leur directeur technique servent à la fois d'avertissement et de déclaration d'intention.
D'après un rapport de Tuttosport.com - Calcio.