Le sélectionneur français Didier Deschamps a éclairé l'absence remarquée de Corentin Tolisso de son groupe pour la prochaine Coupe du Monde 2026, reconnaissant l'excellente forme du milieu de terrain en club tout en soulignant un surplus de talents de classe mondiale dans l'entrejeu.
S'adressant aux journalistes, Deschamps a été direct : 'Il a fait une très, très bonne saison. Ce n'est pas parce qu'il joue à Lyon, ou Thauvin à Lens, que je ne les prendrais pas. Mais avoir cinq milieux de terrain indiscutables dans un système à deux pivots... s'il y en avait six, il y aurait eu une place supplémentaire.' Ces propos, rapportés par L'Équipe, soulignent l'arithmétique impitoyable de la sélection internationale au plus haut niveau.
Tolisso, champion du monde 2018, a relancé sa carrière depuis son retour à l'Olympique Lyonnais du Bayern Munich, livrant des performances constamment impressionnantes en Ligue 1 et en Europe. Sa vision, sa palette de passes et son expérience semblaient plaider en sa faveur, d'autant plus compte tenu de ses succès passés sous Deschamps.
Cependant, les Bleus regorgent de talents au milieu de terrain central. Les cinq joueurs auxquels Deschamps a fait allusion forment une unité bien établie, probablement ancrée par Aurélien Tchouaméni et N'Golo Kanté, avec Eduardo Camavinga, Adrien Rabiot et un autre candidat complétant le quintet. Ce groupe allie solidité défensive, créativité et pressing infatigable, formant l'épine dorsale du système français et offrant une flexibilité tactique.
La préférence du sélectionneur pour une structure à double pivot — deux milieux défensifs devant la défense à quatre — signifie que les places dans l'équipe sont encore plus précieuses. Avec seulement cinq ou six places généralement réservées aux milieux de terrain centraux dans une liste de 23 joueurs, les décisions marginales deviennent déchirantes. Deschamps a essentiellement admis que Tolisso aurait eu besoin d'une sixième place pour être retenu.
Cette décision a des implications importantes pour la carrière internationale du joueur de 29 ans. Ayant déjà manqué des tournois majeurs en raison de blessures et de forme par le passé, ce dernier coup dur pourrait signifier la fin de ses ambitions en équipe nationale, à moins que les circonstances ne changent radicalement. À son âge, le prochain cycle de Coupe du Monde serait difficile, faisant de l'édition 2026 une probable dernière chance.
Deschamps a également évoqué la non-sélection du gardien Lucas Chevalier, dont le contretemps lié à une blessure a effectivement mis fin à ses espoirs. 'Sa blessure n'a pas aidé sa cause', a noté Deschamps sans détour. Chevalier, le gardien de Lille, était en lice comme troisième option, mais le timing de son problème physique a fermé la porte.
Le contexte plus large est la quête incessante de la France d'un deuxième titre mondial consécutif. Deschamps, qui a mené l'équipe à la gloire en 2018 et en finale en 2022, est sous pression pour maintenir la dynastie. Ses sélections reflètent une mentalité de 'gagner maintenant', privilégiant la chimie éprouvée et la forme optimale plutôt que la sentimentalité ou la forme en championnat seule.
Pour Lyon, l'absence de Tolisso pourrait être un mal pour un bien, permettant à leur joueur clé de se reposer et de se concentrer sur la campagne nationale. Mais pour le joueur, le tribut émotionnel est indéniable. Les éloges de Deschamps confirment que sa qualité a été reconnue, mais le jeu des chiffres s'est finalement avéré insurmontable.
Alors que la France se prépare à défendre son titre, la profondeur de talent disponible pour Deschamps reste l'envie du monde entier. Le cas Tolisso rappelle brutalement qu'au niveau élite, même une saison brillante peut être victime du calcul froid de la composition d'équipe. D'après un reportage de L'Équipe.