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Le remaniement de l'OM par Stéphane Richard : comment les

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Stéphane Richard a été actif des semaines avant son début officiel le 3 juillet, sanctionnant Aubameyang, choisissant Lorenzi, et obtenant un accord

La présidence de l'Olympique de Marseille a effectivement commencé des semaines avant la passation officielle. Lorsque Stéphane Richard s'est adressé aux médias le 10 avril, il a révélé un détail curieux : son mandat formel ne débuterait pas avant le 3 juillet. Cette pause de trois mois a intrigué beaucoup de monde, étant donné un été chargé avec la nomination d'un directeur sportif, une audience devant le gendarme financier du football français, et la refonte d'un effectif encore marqué par les épreuves d'une saison tumultueuse. Mais Richard, ancien haut fonctionnaire et ex-PDG du géant des télécoms Orange, a traité cette annonce comme un coup de pistolet de départ plutôt qu'une période d'attente. Il décrit l'approche comme un départ en course, semblable à un passage de relais en athlétisme ou dans une course de chevaux, où le témoin est déjà en mouvement avant que le coureur suivant ne s'en saisisse. Concrètement, cela signifiait doubler sa charge de travail quotidienne, jonglant entre ses engagements à la banque d'investissement où il travaille jusqu'au 30 juin et une immersion intensive dans les rouages du Vélodrome.

Quelques jours après la conférence de presse, Richard n'était plus un simple observateur. Il a assisté aux trois derniers matchs à domicile de l'OM contre Metz, Nice et Rennes, chacun un chapitre de la lutte du club en milieu de tableau. Loin de la côte méditerranéenne, il s'est rendu au Havre le 10 mai, soulignant une volonté d'être vu dans les tranchées plutôt que dans les loges. C'était un signal pour les joueurs et le personnel que la responsabilité porterait désormais un nouveau visage. Il a également pris soin d'honorer les performeurs, remettant à Mason Greenwood le trophée du joueur de la saison élu par les supporters et reconnaissant Leonardo Balerdi pour sa 200e apparition sous les couleurs olympiennes après le match contre Rennes. Ces moments, isolés, annoncent une présidence qui entend fusionner professionnalisme moderne et respect des rituels.

Cependant, la déclaration la plus emphatique n'est pas venue d'une célébration mais d'une sanction. Le 8 mai, Richard a cosigné une action disciplinaire contre l'attaquant Pierre-Emerick Aubameyang pour l'incident désormais notoire du extincteur. Les détails de cet épisode étaient déjà devenus une légende murmurée autour du centre d'entraînement, mais la décision de punir une figure de haut niveau a révélé un leader que l'aura des stars n'inquiète pas. Ceux qui connaissent la biographie de Richard — des décennies à l'intersection du gouvernement et de la stratégie multinationale — voient un homme qui a navigué dans des crises bien plus graves qu'une altercation dans un vestiaire. La punition n'était pas excessive, mais le message était clair : les normes s'appliquent uniformément, même aux noms les plus admirés de la feuille de match. Cela a instantanément modifié la carte du pouvoir interne, renforçant que l'ère post-Longoria ne serait pas comme avant.

Richard est également allé dans les coulisses. Le 27 avril, il a visité des sections de la Commanderie, le complexe d'entraînement cathédrale de l'OM, et le 11 mai, il s'est adressé aux employés réunis au nouveau siège du club sur l'Avenue du Prado. Lors de cette réunion, il a reconnu qu'il découvrait l'écosystème particulier du football avec un regard neuf, une franchise qui a résonné avec le personnel ayant connu plusieurs styles de leadership. Son aveu n'était pas une faiblesse mais une humilité calculée, le genre qui permet de gagner du temps et de construire des alliances avant des décisions plus difficiles. Essentiellement, il a utilisé ces premières heures pour commencer à interviewer des candidats pour le poste de directeur sportif, choisissant finalement Grégory Lorenzi, l'architecte de la discrète ascension de Brest. L'arrivée imminente de Lorenzi suggère une philosophie footballistique centrée sur un recrutement intelligent et une construction à long terme, un changement par rapport à l'habitude récente de l'OM de projets tape-à-l'œil mais de courte durée. La question de l'entraîneur reste ouverte, mais la méthode de Richard est déjà claire : construire la structure avant de choisir la figure de proue.

Son itinéraire a ensuite pris un tour transcontinental. Au début de cette semaine, Richard s'est envolé pour la Côte d'Ivoire pour renforcer un partenariat touristique qui porte le slogan "Sublime Côte d'Ivoire". Lancé en 2023, cet accord va au-delà du branding ; il représente un pivot stratégique vers les marchés africains, à la fois émotionnellement liés aux joueurs historiques de l'OM et commercialement prometteurs. Le confort de Richard à Abidjan est personnel : il a cultivé des liens profonds avec les décideurs ivoiriens pendant ses années chez Orange, des relations qui lubrifient aujourd'hui les négociations pour une possible extension de trois ans. Sur place, il a rencontré Didier Drogba, dont l'héritage au club est monumental. La réunion suggère un rôle d'ambassadeur imminent pour l'ancien attaquant, un pont entre les fans et les partenaires qui se souviennent de la campagne de la Coupe UEFA 2004 et du rugissement primal du Vélodrome. Pour un club cherchant à renouer avec sa base de supporters passionnés méditerranéens et africains, la valeur symbolique de Drogba est immense.

Toute cette activité se déroule alors que Richard reste lié à ses fonctions bancaires jusqu'au 30 juin. "Les journées sont doublées", admet-il depuis la Côte d'Ivoire, mais il insiste sur le fait d'être pleinement opérationnel, absorbant qui fait quoi et identifiant les obstacles à éliminer. Le récit d'un président à temps partiel s'évapore sous le poids des actions : trois matchs à domicile, un déplacement à l'extérieur, une audience disciplinaire, une recherche de directeur sportif, une réunion interne et une mission commerciale internationale compressées en à peine six semaines. Les observateurs notent qu'un tel mouvement précoce est rare dans le football, où les dirigeants passent souvent des mois en mode diagnostic. Richard a inversé la séquence, agissant d'abord et réfléchissant ensuite, une habitude née de son pedigree en gestion de crise chez Orange lors de conflits sociaux très médiatisés et de restructurations d'entreprise.

Les implications pour l'Olympique de Marseille se répercutent dans plusieurs directions. Pour l'effectif, cela signale que la nouvelle hiérarchie ne tolérera pas la dérive qui a parfois caractérisé le régime précédent, où les tensions internes débordaient occasionnellement en public. Pour la direction, cela signifie un processus de décision plus structuré, avec un directeur sportif qui répondra directement à un président capable à la fois de stratégie de haut niveau et de supervision granulaire. Pour les supporters, cela offre une promesse de stabilité après une période où la direction du club semblait changer au gré du vent. Les actions rapides de Richard — sanctionner une star, embaucher un découvreur de talents, raviver un partenariat africain — dressent un portrait composite d'un leader qui comprend que les symboles comptent et que les 100 premiers jours, même avant qu'ils ne commencent officiellement, donnent le ton d'une présidence qui sera mesurée autant par les trophées que par la transformation. D'après un reportage de L'Équipe.