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Pourquoi Nidal Celik est le phénix inattendu de Lens pour

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Signé pour 3M€ en provenance du FK Sarajevo, Nidal Celik a d'abord été négligé à Lens, mais les blessures ont forcé ses débuts et il a obtenu des victoires

Quand Lens a eu besoin de renflouer ses finances à l'hiver 2025, un départ massif de piliers défensifs a laissé l'effectif dégarni. Kevin Danso, Abdukodir Khusanov, Przemyslaw Frankowski et Brice Samba sont tous partis, forçant le club à chercher des remplaçants dans l'urgence. Parmi les arrivées précipitées figurait Nidal Celik, un imposant défenseur central de 1,92 m signé du FK Sarajevo pour près de 3 millions d'euros. Le joueur de 21 ans est arrivé début février avec des attentes, mais il est rapidement apparu qu'il était loin d'être prêt pour la Ligue 1. Les premières séances d'entraînement ont révélé son manque de préparation, et des murmures de mécontentement concernant le montant du transfert ont commencé à circuler à La Gaillette.

Mesurant 1,92 mètre et pesant 85 kilogrammes, Celik possède les attributs physiques d'un défenseur central classique sans fioritures. Pourtant, son passé dans le championnat bosnien l'a laissé mal préparé à la vitesse et aux exigences techniques du football français de haut niveau. Les recruteurs avaient identifié un potentiel brut, mais la transition allait toujours être difficile. Peu, cependant, ont prédit à quelle vitesse sa situation passerait d'homme oublié à sauveur de match.

Celik a été rapidement relégué en équipe réserve, où même sa place n'était pas assurée — il se retrouvait souvent sur le banc. Sa carrière à Lens semblait destinée à l'anonymat, une note de bas de page dans un mercato chaotique. Puis est venu le jour de la Saint-Valentin, et une crise de blessures extraordinaire a frappé. Les défenseurs clés Jonathan Gradit, Samson Baidoo et Kyllian Antonio étaient tous absents, tandis qu'Arthur Masuaku était suspendu. L'entraîneur Pierre Sage n'a eu d'autre choix que de donner à Celik ses débuts en tant que titulaire contre le Paris FC. Le résultat ? Une victoire imposante 5-0, avec une performance étonnamment assurée de Celik.

Ce match s'est avéré être un répit, pas un cas isolé. Le statut intérimaire de Celik s'est prolongé sur une période de deux mois alors que la liste des blessés refusait de diminuer. Cependant, au fil des matchs, ses limites sont apparues. Le point le plus bas est survenu lors du derby enflammé contre Lille début avril, où Lens a été démantelé 3-0. Celik a vécu une soirée difficile, recevant une note accablante de 1/10 de L'Équipe. Après cette humiliation, avec le retour de Baidoo et Antonio, Celik a disparu du paysage de l'équipe première une fois de plus. Il semblait que son bref moment était passé.

Pourtant, comme l'a dit une source proche de l'équipe, « Avec ce gars, même quand la porte se ferme, il trouve toujours une fenêtre pour se faufiler. » Le dernier contretemps de Samson Baidoo — une blessure à la cuisse gauche — a de nouveau ouvert cette fenêtre. Propulsé dans le onze de départ pour le déplacement à Lyon quelques jours après le derby, Celik a répondu par une solide prestation dans une éclatante victoire 4-0. Sa résilience est devenue légendaire parmi ses coéquipiers, qui plaisantent qu'avec une telle étoile porte-bonheur, il pourrait même marquer un jour au Stade de France.

Le parcours de Celik met en lumière à la fois les périls et les récompenses d'un recrutement désespéré. Lens l'a recruté comme un projet, mais les circonstances les ont forcés à accélérer son développement. Bien que ses lacunes techniques et positionnelles soient évidentes — il a souvent été exposé face à des attaques plus rapides et plus intelligentes — sa puissance physique et sa présence aérienne offrent une autre dimension. À bien des égards, il incarne l'esprit « sang et or » : rugueux, brut, mais farouchement déterminé.

L'histoire du Bosnien souligne également les problèmes structurels plus profonds de Lens. La vente précipitée des talents défensifs du club était un mal nécessaire pour équilibrer les comptes, mais elle a laissé un effectif très dépendant de paris comme Celik. Ses résurrections répétées ont masqué les fissures, mais elles ne peuvent dissimuler la nécessité d'une profondeur plus fiable si l'équipe veut rivaliser de manière constante en Ligue 1 et dans d'éventuelles campagnes européennes.

Pour l'instant, Celik reste une énigme — à la fois héros et risque. Avec Gradit, Baidoo et Antonio tous en compétition pour des places, son chemin vers un temps de jeu régulier est bloqué à moins que les blessures persistent. Pourtant, si l'histoire est un guide, il ne sera pas radié facilement. Sa capacité à saisir les opportunités inattendues est déjà devenue un récit déterminant de la saison agitée de Lens.

Le contexte financier ne peut être ignoré. Lens a investi 3 millions d'euros dans un joueur qui a d'abord été jugé insuffisant pour la réserve, un pari énorme qui aurait pu se retourner spectaculairement. Au lieu de cela, par une combinaison de destin et de force de volonté, Celik a contribué à deux victoires cruciales qui ont maintenu Les Sang et Or sur les rails. Que le club cherche à renforcer davantage ou à faire confiance à son développement continu reste une question clé pour le prochain mercato.

La métaphore du phénix est appropriée. Chaque fois que la flamme de Celik semble éteinte, elle vacille à nouveau, souvent contre toute attente. S'il peut maintenir cette forme et gommer ses incohérences déterminera s'il devient un élément permanent ou s'il retourne dans l'oubli. Pour un club qui lutte sur plusieurs fronts, avoir un joueur qui refuse de rester à terre est un atout précieux, bien que non conventionnel. D'après un reportage de L'Équipe.