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Ultimatum de Spalletti : le rôle de Comolli à la Juve en jeu

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Spalletti exige la mise à l'écart de Comolli après le désastre de la Fiorentina, Chiellini pressenti pour prendre en charge le secteur sportif tandis qu'Elkann

La défaite 4-0 à la Fiorentina a plongé la Juventus dans une crise totale, Luciano Spalletti ayant lancé un ultimatum au propriétaire John Elkann : soit le directeur général Damien Comolli est écarté des décisions sportives, soit l'entraîneur pourrait ne pas continuer. L'entraîneur toscan a assumé l'entière responsabilité après l'effondrement, mais en privé, il a clairement indiqué que la structure dysfonctionnelle du club est intenable. Alors que la qualification pour la Ligue des champions ne tient plus qu'à un fil, Elkann doit faire un choix déterminant qui façonnera l'avenir de la Vieille Dame.

Au cœur de la tourmente se trouve la relation brisée entre Spalletti et Comolli. Décrite comme pratiquement inexistante, les deux hommes parlent des langues différentes, tant au sens propre qu'au sens figuré. L'entraîneur est un puriste du football qui exige le contrôle des questions techniques, tandis que le directeur général agit comme un dirigeant d'entreprise, s'appuyant souvent sur des consultants externes et un vaste réseau d'intermédiaires. Le mercato de janvier a cristallisé leur fossé : Spalletti voulait désespérément un avant-centre, mais aucun n'est arrivé, le forçant à s'adapter.

Les tensions couvaient depuis des mois. Spalletti s'est lassé de ce qu'il perçoit comme une interférence excessive de la part de figures qu'il considère comme périphériques, en particulier le directeur sportif François Modesto, un proche allié de Comolli. Modesto, dont le rôle est ambigu depuis l'arrivée de Marco Ottolini, devrait probablement partir après le derby de Turin. Spalletti veut une hiérarchie simplifiée avec moins d'intermédiaires, estimant que des lignes d'autorité claires sont essentielles pour que l'équipe retrouve son identité.

Le mercato de janvier a été un désastre sur plusieurs fronts. La Juventus n'a pas seulement échoué à recruter l'attaquant demandé par Spalletti, mais a aussi laissé passer Donyell Malen, qui aurait pu apporter de la profondeur à l'attaque. La dépendance de Comolli envers le recruteur externe Riccardo Pecini — qui travaille pour une agence de recrutement au service de plusieurs clubs — n'a fait qu'accroître la méfiance de Spalletti. L'entraîneur y voit un signe que la stratégie de recrutement du club manque d'exclusivité et de concentration, une lacune qui a laissé l'effectif déséquilibré et mentalement fragile.

La colère de Spalletti est aussi personnelle. Il espérait finaliser une prolongation de contrat pendant la trêve internationale, une période calme qui aurait permis une annonce digne. Au lieu de cela, l'affaire a été repoussée à la veille du choc contre l'Atalanta — une petite offense qui s'ajoute au récit plus large d'un club qui ne soutient pas pleinement son entraîneur. Pour un homme qui valorise l'ordre et le respect, l'effet cumulatif de ces affronts a eu raison de sa patience.

En réponse, Spalletti a proposé une structure alternative : il souhaite que Giorgio Chiellini, l'ancien capitaine légendaire, coordonne le secteur sportif, écartant ainsi Comolli des opérations footballistiques. La présence de Chiellini fournirait un lien de confiance entre le terrain et la direction, offrant la clarté que Spalletti recherche. Chiellini lui-même, s'exprimant lors d'une cérémonie, a laissé entendre qu'un changement était imminent, déclarant : « Nous vivons au jour le jour, maintenant nous attendons de finir ce championnat. » Ses mots suggèrent une attente que quelque chose va céder.

Comolli, de son côté, reste provocateur. Lors d'une réunion sévère avec l'effectif lundi, il a évité l'analyse technique et a parlé comme un manager énonçant la politique de l'entreprise, appelant à l'unité avant le derby. Pourtant, son affirmation selon laquelle « rien n'est perdu » sonne creux compte tenu de la sixième place de l'équipe et de la perspective très réelle de manquer la Ligue des champions. Financièrement, un tel échec forcerait une recalibration significative des ambitions de la Juventus.

La situation a également exposé la fragilité de la position de Comolli vis-à-vis d'Elkann. Le propriétaire surveille la performance du Français avec une inquiétude croissante, surtout après deux fenêtres de transfert consécutives qui ont donné de mauvais résultats. Bien qu'un licenciement ne soit pas à l'ordre du jour immédiat, l'influence de Comolli est réduite. Elkann doit maintenant décider s'il soutient son directeur général ou s'il accorde à Spalletti la restructuration qu'il exige.

Ajoutant à l'instabilité, la poursuite de Matteo Tognozzi. L'ancien chef du recrutement de la Juventus, qui a déniché des talents comme Kenan Yıldız et Dean Huijsen lors de son passage à Turin, est désormais une cible prioritaire pour la Roma afin de remplacer Massara. Spalletti accueillerait favorablement le retour de Tognozzi dans le cadre du nouvel ordre, mais la Juventus risque de perdre la course si elle n'agit pas rapidement. Cette saga reflète l'échec Malen — un autre signe que le club est enclin à l'hésitation sur le marché.

Pour l'avenir, le derby contre le Torino représente un moment critique. Une victoire pourrait offrir un répit temporaire, mais les fractures structurelles demeurent. Modesto devrait être la première victime, son rôle ambigu n'étant plus tenable. Mais la question plus large est de savoir si Comolli peut accepter un rôle diminué ou si la rupture est irréparable. Spalletti a clairement fait savoir sa position : c'est le pouvoir de Comolli sur le domaine sportif qui doit cesser.

Pour la Juventus, les enjeux sont énormes. Manquer la Ligue des champions coûterait non seulement des dizaines de millions de revenus, mais handicaperait aussi la capacité du club à attirer les meilleurs joueurs et un sponsor de premier plan. L'ère post-Agnelli était censée apporter la stabilité ; au lieu de cela, elle a dégénéré en une lutte de pouvoir qui menace de défaire les progrès de l'ère Spalletti avant même qu'elle ne commence vraiment. Le prochain mouvement d'Elkann définira si la Juventus peut retrouver son statut de force dominante en Italie.

En fin de compte, la crise est un test de leadership. Spalletti, un vétéran qui ne tolère aucune ingérence, a jeté le gant. Qu'Elkann se range du côté de son entraîneur ou de son directeur général enverra un message clair sur la direction du club. Alors que les retombées du désastre de la Fiorentina se poursuivent, une chose est certaine : le chaos actuel ne peut pas durer. La décision appartient à Elkann, et le monde du football italien observe.