Quand le coup de sifflet final a retenti à Wembley en juillet dernier, Chelsea était un improbable vainqueur de la Coupe du Monde des Clubs, déroutant le Paris Saint-Germain grâce à un chef-d'œuvre tactique d'Enzo Maresca. Dix mois plus tard, l'Italien n'est plus là, pas plus que son remplaçant, Liam Rosenior. C'est plutôt Calum McFarlane, promu des moins de 21 ans pour un deuxième intérim, qui mènera Chelsea face à Manchester City en finale de la FA Cup. Le contraste résume une saison de bouleversements sans précédent à Stamford Bridge.
Le départ de Maresca le jour de l'An, après son fameux commentaire sur les "pires 48 heures", a donné le ton. Son départ n'était pas prévu dans les plans du club, qui visait la qualification en Ligue des champions. Mais son désir de partir a déstabilisé le vestiaire, et les fissures se sont élargies sous Rosenior. L'Anglais n'a tenu que 106 jours d'un contrat de six ans et demi, victime d'une série de résultats historiquement mauvais en championnat et de révoltes ouvertes des joueurs. Le projet BlueCo, déjà sous surveillance, a fait face à ses questions les plus dures.
Le retour de McFarlane n'a pas inspiré de redressement. La forme de Chelsea en championnat est une étude de volatilité : une victoire acharnée en demi-finale de FA Cup contre Leeds a été suivie d'un effondrement 3-1 à domicile face aux réserves de Nottingham Forest, anéantissant quasiment les espoirs européens. Un match nul 1-1 acharné à Liverpool le week-end dernier a montré leur capacité à s'élever contre une élite, mais l'inconstance est accablante. Cette tendance Jekyll-et-Hyde est à la fois un avertissement et une raison d'un optimisme prudent avant d'affronter la machine de Pep Guardiola.
Manchester City n'a pas perdu contre Chelsea depuis la finale de la Ligue des champions 2021, et ils les ont écrasés à Stamford Bridge le mois dernier. Pourtant, Chelsea a un don pour créer la surprise en finale, comme le PSG l'a appris. Le plan tactique incombe désormais à McFarlane, qui a tenu City en échec en janvier lors de son précédent intérim. Le jeune entraîneur pourrait devenir un héros improbable, mais le sous-texte est irrésistible : cette finale pourrait opposer le passé de Maresca à son avenir, l'Italien étant le principal candidat pour remplacer Guardiola si le Catalan quitte son poste.
Le tourbillon émotionnel dépasse le banc de touche. Roméo Lavia a admis que les critiques "font mal", mais le malaise est plus profond. Des joueurs ont été accusés de décrocher, et le contraste entre les efforts en coupe et en championnat est frappant. Réparer la culture du vestiaire est primordial pour le prochain entraîneur permanent. Xabi Alonso, l'ancien entraîneur vedette du Bayer Leverkusen et du Real Madrid, est en négociations avancées et commanderait un respect immédiat. Andoni Iraola est un autre nom sur la liste, bien que Crystal Palace soit sur les rangs. Une nomination de la trempe d'Alonso serait une déclaration d'intention pour un projet qui n'est pas aussi brisé que beaucoup le prétendent.
Des éléments clés demeurent. Reece James et Moisés Caicedo ont engagé leur avenir, Levi Colwill est de nouveau fit, et Cole Palmer est une superstar. Le club reconnaît le besoin d'expérience pour soutenir le jeune noyau et suivra les souhaits du nouvel entraîneur. Une introspection est en cours, mais des actions doivent suivre. Un trophée offrirait un baume temporaire, mais le danger est qu'il masque des failles plus profondes.
Mettre fin à une série de six défaites consécutives en finale à Wembley sauverait le respect d'une saison inutilement embarrassante. Pourtant, des questions persistent : si Chelsea peut performer sur la grande scène, pourquoi pas chaque semaine ? La bravoure montrée contre Leeds et Liverpool prouve la capacité ; les absences contre des équipes moindres révèlent un manque de professionnalisme. Pour un club autrefois synonyme de victoires sous Roman Abramovich, les coupes sporadiques ne sont plus la mesure du succès. Le tableau plus large exige des challenges constants pour le top 4 et une identité claire.
Le parcours chaotique de Chelsea vers cette finale est une histoire de blessures auto-infligées et de brillance sporadique. Ils commencent comme des outsiders évidents, mais une victoire serait un classique hold-up, un rappel que le talent seul peut prévaloir dans un match unique. McFarlane est au bord d'une distinction improbable, mais son vrai travail est de remettre une équipe prête pour une nouvelle ère. Les joueurs doivent retrouver la conviction que Lavia insiste brûle encore dans le bâtiment. L'alternative est que cette finale devienne juste un feu de paille de plus, une étincelle qui ne parvient pas à allumer une renaissance durable.
Basé sur des reportages de The Guardian.