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De tyran à « président du foot » : les années de Trump à

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Les affirmations de Donald Trump sur une saison de football 11-0 à NYMA s'effondrent sous l'examen : il a en fait un bilan de 3-8. Son passé de tyran refait

Alors que la Coupe du Monde 2026 approche, le rôle de Donald Trump en tant que « président du foot » autoproclamé des États-Unis est soumis à un nouvel examen. Le tournoi, qu'il a contribué à obtenir lors de son premier mandat, revient en Amérique du Nord cet été avec Trump de retour à la Maison Blanche — une tournure que peu de gens avaient anticipée. Mais bien avant qu'il ne pose avec le trophée de la Coupe du Monde des Clubs ou n'accueille Lionel Messi dans le Bureau Ovale, la relation de Trump avec le football a commencé sur un terrain négligé de l'Académie Militaire de New York, où le mythe et la réalité se sont heurtés avec une force brutale. C'est ici, au sein d'une culture de bizutage et de survie, que le futur commandant en chef a pour la première fois lacé ses crampons.

Trump est arrivé à NYMA en 1959, envoyé par son père après une série de signes d'alerte comportementaux — y compris une agression présumée sur un professeur de musique et une obsession pour les couteaux à cran d'arrêt. L'école des années 1960 n'était pas une retraite pastorale. Le commandant Theodore Dobias, un chef rigide, dirigeait l'école junior d'une main de fer, opposant les cadets lors de « combats en cage » bi-hebdomadaires qui laissaient les élèves en sang. L'ancien camarade de classe Sandy McIntosh se souvient : « Dobias a dit à Trump de faire son lit, et Trump a dit 'va te faire foutre'. Dobias l'a frappé. » Pour un adolescent espérant éviter le pire des abus, le sport est devenu un bouclier. Trump, jamais un athlète naturel, considérait le football américain et le baseball comme des voies vers les bonnes grâces de Dobias — et finalement, sa propre survie.

La carrière de footballeur de Trump a commencé presque par accident. Pendant la saison de football américain de 1962, il a subi une blessure — probablement sur le terrain — et est passé à l'équipe de football cet automne. À l'époque, le football (soccer) américain était une activité marginale ; la Dutchess County Scholastic League, composée de petites écoles de la vallée de l'Hudson, était loin de la scène mondiale que Trump allait plus tard commander. Les « booters » de NYMA étaient entraînés par le Colonel Paul Curtin, un vétéran décoré de la Seconde Guerre mondiale qui avait parcouru les jungles birmanes et effectué des missions de ravitaillement au-dessus de l'Himalaya. Pourtant, sa prouesse militaire ne s'est pas traduite sur le bord du terrain. « Curtin ne connaissait rien au football du tout », se souvient Alfred Harrison, un coéquipier. Les conseils tactiques venaient plutôt des joueurs eux-mêmes, dont beaucoup étaient fils de diplomates et d'officiers militaires latino-américains — y compris, semble-t-il, les enfants du dictateur cubain Fulgencio Batista — qui avaient grandi avec le beau jeu.

L'épine dorsale de l'équipe était indéniablement internationale. Les annuaires et coupures de presse révèlent une composition construite autour de talents sud et centraméricains : un Argentin et un Péruvien ancraient la défense, un Colombien et un Vénézuélien menaient l'attaque, et un Mexicain tenait le milieu de terrain. Dans ce mélange cosmopolite est entré Trump, déployé comme arrière latéral, un poste exigeant de la discipline mais pas le flair d'un attaquant. Son meilleur ami dans l'équipe, Peter Ticktin, a plus tard insisté sur le fait que l'équipe de 1964 avait fait 11-0 — une saison parfaite. « L'année où nous étions ensemble dans l'équipe, nous avons fait 11-0 », a déclaré Ticktin au Guardian. Cependant, cette affirmation s'effondre au moindre examen : les archives des journaux confirment que NYMA a terminé avec un médiocre 3-8 cette année-là. Un autre coéquipier, Harrison, se souvient de Trump comme d'une présence physique mais difficilement un joueur remarquable. L'écart entre la vantardise et le score révèle le cœur de la relation de Trump avec la vérité — un schéma qui allait définir sa vie publique.

La campagne 3-8 n'était pas simplement une défaite ; elle reflétait le chaos d'un programme à la dérive. Avec Curtin apprenant les règles au fur et à mesure et aucune infrastructure professionnelle pour soutenir le développement, les matchs dégénéraient souvent en affrontements brutaux. Trump, selon de nombreux témoignages, adoptait la physicalité. « C'était un tyran sur le terrain », se souvient un camarade de classe, un trait qui s'alignait avec l'éthique de bizutage de l'académie. Dans un cadre où la force était une monnaie, Trump a appris à projeter la domination, que ce soit en réprimandant les adversaires ou en se bousculant pour le statut dans le vestiaire. Le terrain de football est devenu un microcosme de l'écosystème de NYMA : un endroit où l'intimidation comptait plus que la compétence, et où une réputation soigneusement polie pouvait masquer une médiocrité sous-jacente.

En prenant du recul, la brève incursion de Trump dans le football offre une perspective révélatrice sur son adoption ultérieure de ce sport en tant que président. En 2018, il s'est réjoui lorsque la candidature conjointe États-Unis-Canada-Mexique a obtenu les droits d'accueil pour 2026, et depuis son retour au pouvoir, il a transformé la Coupe du Monde en une opportunité de marque personnelle. Infantino, Cristiano Ronaldo et Messi ont tous été attirés dans son orbite, mais les connaissances footballistiques du président semblent superficielles. Le contraste entre sa présence vantée sur la scène mondiale et ses jours de jeu sans éclat soulève des questions inconfortables : son enthousiasme pour le tournoi est-il authentique, ou s'agit-il d'un autre véhicule pour l'attention et le pouvoir ? La réponse se trouve probablement quelque part dans la terre de la vallée de l'Hudson, où un jeune Trump a appris à gagner en réécrivant le tableau d'affichage.

Peut-être que l'héritage le plus durable de l'expérience footballistique de Trump à NYMA n'est pas les victoires ou les défaites, mais la méthode. Les vantardises non méritées de 11-0, la mémoire sélective, la dépendance vis-à-vis de complices comme Ticktin — tout cela annonce la personnalité politique qui allait captiver et polariser une nation. Dans une ère de faits alternatifs, le mythe footballistique du président est une petite mais résonnante étude de cas. Alors que le monde se rassemble pour le tournoi de 2026, les fans pourraient s'arrêter pour considérer l'homme au centre des festivités : une figure qui, même adolescent, semblait comprendre que dans le sport, comme en politique, l'histoire pèse souvent plus que le score.

Basé sur des reportages du Guardian.