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Farioli : 'J'étais meilleur la saison dernière' malgré la

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Farioli, nouvel entraîneur champion du Porto, soutient que son travail à l'Ajax la saison dernière était supérieur malgré la perte d'une avance de neuf points

Francesco Farioli a mis fin à l'attente de quatre ans du FC Porto pour un titre de champion du Portugal lors de sa première saison à la tête de l'équipe, mais l'entraîneur italien insiste sur le fait que son meilleur travail a été fait sans trophée. S'exprimant lors d'une table ronde avec les médias portugais et européens cette semaine, Farioli a affirmé avoir mieux performé lors de sa campagne précédente à l'Ajax Amsterdam, où un effondrement tardif leur a coûté le titre d'Eredivisie malgré une avance confortable. Cet aveu candide ajoute des couches à une histoire de succès qui est autant une question de rédemption que de trophées.

Le championnat de Porto marque un revirement significatif pour un club en pleine restructuration administrative et financière. Sous la présidence d'André Villas-Boas, qui a évincé le président de longue date Pinto da Costa en 2024, les Dragons ont stabilisé leurs opérations tout en exigeant des résultats sur le terrain. Farioli, anciennement à Nice, a remporté le premier titre national du club depuis 2019-20, faisant de lui le seul entraîneur italien à remporter un titre de champion européen lors de la saison 2025-26. Pourtant, son propre verdict perturbe le récit du triomphe.

À l'Ajax, Farioli traînait une réputation naissante d'entraîneur qui a échoué dans les moments décisifs. Au printemps 2025, son équipe détenait une avance de neuf points sur le PSV Eindhoven, semblant certaine de reconquérir l'Eredivisie. Au lieu de cela, l'équipe s'est effondrée, abandonnant l'avantage et le titre dans un effondrement qui a fait écho à son mandat à Nice, où des trébuchements en fin de saison avaient également compromis les promesses. L'échec d'Amsterdam est devenu une étiquette collée à son CV : un tacticien doué qui ne sait pas conclure.

Farioli a utilisé la réunion avec les médias pour présenter sa version de cette histoire, mettant l'accent sur un manque d'alignement lors du mercato hivernal. Il a donné un exemple concret : sa demande d'un milieu défensif à l'aise avec le ballon et fort défensivement a été accueillie par la signature d'un joueur aux caractéristiques totalement différentes. « Si vous voulez un numéro six qui construit le jeu et défend bien, mais que le club recrute un profil totalement différent, deux scénarios se présentent », a expliqué Farioli. « Soit vous avez choisi le mauvais entraîneur, soit vous avez choisi le bon et vous ne l'avez pas écouté. Dans les deux cas, le résultat est le même : vous avez pris une mauvaise décision. »

L'entraîneur a élargi sa critique à un principe général. « Un manager doit toujours recevoir un soutien approprié. Si vous suivez des directions différentes, vous ne progressez pas », a-t-il dit, ses mots étant un commentaire acéré sur le décalage entre la vision technique et l'action exécutive dans son ancien club. L'implication était claire : la hiérarchie de l'Ajax a sapé son projet en ignorant ses spécifications, rendant sa tâche impossible quel que soit le matelas de points.

C'est dans ce contexte que la remarque la plus frappante de Farioli atterrit. « Honnêtement, je pense que j'ai fait un meilleur travail la saison précédente. Maintenant, parce que j'ai un trophée ici, les gens pourraient imaginer que je me suis transformé en un Adonis blond de 1,95 mètre », a-t-il dit, faisant référence à la façon dont le succès modifie la perception. « Mais je suis la même personne que l'année dernière. » La citation souligne une philosophie selon laquelle les résultats externes ne définissent pas la qualité de l'entraînement ; c'est plutôt la cohérence d'un projet et l'exécution d'un plan qui importent davantage.

Cette perspective invite à une lecture plus approfondie de son triomphe à Porto. Bien que le titre de champion soit indéniable, Farioli semble suggérer que le niveau de performance sous-jacent à l'Ajax – même sans trophée – a surpassé ce qu'il a accompli au Portugal. C'est une position de défi, qui refuse de laisser une médaille dissimuler les échecs structurels qu'il a rencontrés aux Pays-Bas. Pour les supporters de Porto, cela peut soulever des questions sur la durabilité de ce succès si l'entraîneur privilégie le processus plutôt que la gloire à court terme.

Pour le conseil d'administration du club, le message est clair : l'alignement est non négociable. Villas-Boas et son équipe doivent désormais travailler en parfaite harmonie avec Farioli pour s'assurer que le recrutement et les décisions stratégiques correspondent aux demandes de l'entraîneur. Le championnat a apporté de la bonne volonté, mais l'histoire de Farioli montre qu'il ne restera pas silencieux si le partenariat s'effrite. Maintenir l'élan pourrait dépendre des leçons tirées des erreurs de l'Ajax.

Le monde du football dans son ensemble est amené à recalibrer sa vision de Farioli. Ce n'est plus seulement un « chokeur » dans les fins de saison, il émerge comme un défenseur vocal de l'autonomie des entraîneurs et un critique de l'ingérence des clubs. Sa volonté de minimiser le soi-disant sommet de sa carrière – un titre de champion – en faveur d'une campagne ratée révèle une honnêteté rare dans une industrie obsédée par les résultats. Cela le positionne également comme un entraîneur qui se juge selon des normes indépendantes du tableau d'affichage.

Alors que Porto célèbre un titre tant attendu, le récit autour de leur manager est plus complexe qu'une simple histoire de rédemption. Farioli n'a pas simplement exorcisé ses démons ; il a soutenu qu'ils n'étaient jamais vraiment là. Le titre portugais est une ligne sur son CV, mais son affirmation qu'une saison sans trophée était son chef-d'œuvre défie les mesures mêmes par lesquelles le succès d'entraînement est mesuré. Seul le temps dira si Porto peut fournir l'harmonie qu'il exige.

Basé sur un reportage de L'Équipe.