Dans un développement majeur d'une enquête financière brésilienne d'envergure, le frère d'un éminent sénateur a été placé sous stricte supervision judiciaire. Raimundo Nogueira, le frère du sénateur Ciro Nogueira, est désormais tenu de porter un bracelet électronique à la suite d'une décision du juge de la Cour suprême André Mendonça.
Cette mesure fait partie de la cinquième phase de l'Opération Compliance Zero, une vaste action policière ciblant des soupçons de fraude financière liée à Banco Master. Raimundo Nogueira, un entrepreneur lié à de nombreuses entreprises, est l'une des figures clés de cette dernière vague de l'enquête.
La décision du tribunal impose plusieurs conditions à Raimundo Nogueira. Il lui est interdit de contacter d'autres personnes sous enquête ou témoins, doit remettre son passeport à la Police fédérale dans les 48 heures, et ne peut quitter sa ville de résidence sans autorisation judiciaire explicite. Ces restrictions visent à prévenir une éventuelle falsification de preuves et à garantir l'intégrité de l'enquête en cours.
Au cœur de l'enquête se trouve le rôle de CNLF Empreendimentos Imobiliários Ltda., une entreprise administrée par Raimundo Nogueira. La Police fédérale allègue que cette société a été utilisée comme un mécanisme déguisé pour acheminer des avantages financiers à son frère, le sénateur Ciro Nogueira. La société n'aurait aucun employé enregistré et opérerait à la même adresse qu'une autre entreprise de la famille Nogueira.
Une transaction particulièrement suspecte soulignée par les enquêteurs concerne l'achat par CNLF d'une participation de 30% dans Green Investimentos S.A. L'accord aurait été conclu pour 1 million de reais brésiliens, alors que les actions étaient valorisées à environ 13 millions de reais sur le marché. Le juge Mendonça a cité cette disparité flagrante comme un indicateur potentiel de transferts financiers illégaux.
L'opération a conduit à la suspension immédiate de quatre entreprises liées à l'affaire : CNLF Empreendimentos Imobiliários Ltda., BRGD S.A., Green Investimentos S.A., et le fonds d'investissement Green Energia. Les autorités allèguent que ces entités ont été utilisées pour déplacer et légitimer des fonds d'origine criminelle.
L'enquête plus large suggère que le sénateur Ciro Nogueira aurait reçu des avantages financiers substantiels en échange de la promotion des intérêts du banquier Daniel Vorcaro. Les allégations incluent des paiements mensuels pouvant atteindre 500 000 reais, ainsi que l'utilisation de propriétés de luxe, de cartes de crédit et de voyages internationaux financés par le groupe enquêté. Le sénateur a déclaré publiquement qu'il coopère avec la justice et nie toute implication dans des activités illicites.
Basé sur un reportage de g1.