Le Maroc a lancé sa préparation pour la Coupe du Monde avec une victoire convaincante 5-0 contre le Burundi au Complexe Mohammed VI à Salé mardi, même s'il a fallu une explosion en seconde période pour faire plier un adversaire résistant. Les Lions de l'Atlas, bien mieux classés que les Burundais (142e), ont semblé poussifs en début de match mais se sont transformés en unité offensive impitoyable après la pause, dans une performance qui reflétait la métaphore du passage du diesel à la vitesse de la Formule 1.
La première mi-temps a été un affrontement prudent, avec le Maroc dominant la possession mais peinant à se créer des occasions franches face à une défense burundaise disciplinée. L'entraîneur principal Walid Regragui a utilisé le match pour expérimenter avec l'effectif et le système, une caractéristique typique des amicaux de pré-tournoi, mais le manque de tranchant a soulevé des questions. Le Burundi, qui n'a pas participé à un tournoi majeur depuis sa seule apparition à la Coupe d'Afrique des Nations en 2019 (élimination au premier tour), a tenu bon et cherché à frustrer les hôtes.
La percée est survenue à la 59e minute lorsque Ayoub El Kaabi a trouvé le fond des filets. L'attaquant expérimenté, connu pour son instinct de prédateur, a parfaitement chronométré sa course pour battre le piège du hors-jeu et marquer, provoquant un changement radical de dynamique. Quatre minutes plus tard seulement, El Kaabi a frappé à nouveau, profitant d'une erreur défensive pour doubler la mise. Son doublé rapide a non seulement mis le match hors de portée du Burundi, mais a également souligné son importance en tant que buteur fiable pour les Lions de l'Atlas.
Si El Kaabi a été le catalyseur, Tawfik Bentayeb a été la révélation. Le joueur de 24 ans, qui évolue à Troyes en France, faisait ses débuts internationaux et a saisi l'occasion à pleines mains. Non seulement il a marqué à la 71e minute avec une finition posée, mais il a également délivré deux passes décisives, faisant preuve d'une polyvalence et d'une étincelle créative qui pourraient s'avérer inestimables dans l'arsenal offensif marocain. La performance de Bentayeb a donné à Regragui matière à réflexion sur ses options offensives avant des tests plus difficiles.
Le succès a été complété par Soufiane Benjdida, entré en jeu pour marquer deux fois dans les dix dernières minutes. Ses buts à la 80e et 90e minutes ont témoigné de la profondeur du Maroc et de sa volonté de continuer à pousser même contre un adversaire démoralisé. Le doublé tardif de Benjdida a souligné l'esprit de compétition au sein de l'équipe, alors que les joueurs se disputent une place dans la liste finale pour la Coupe du Monde.
Défensivement, le Maroc a été largement tranquille après les premiers échanges. Le Burundi, malgré son faible classement, a réussi à garder le match serré pendant près d'une heure, mais une fois le premier but encaissé, la qualité des Lions de l'Atlas s'est avérée écrasante. Le clean sheet plaira à Regragui, mais il sait que des attaquants comme Vinicius Jr. du Brésil présenteront un examen bien plus rigoureux de sa défense.
Cette amicale était la première de trois matches de préparation prévus alors que le Maroc se prépare pour une campagne de Coupe du Monde qui le verra partager le Groupe G avec le Brésil, l'Écosse et Haïti. Affronter les quintuples champions du monde sur la plus grande scène exige une préparation optimale, et chaque minute de ces amicaux a du poids. Le choc contre le Burundi était toujours attendu comme un booster de confiance, et le score final reflète l'écart de classe, mais le Maroc ne peut pas se permettre un départ lent face au Brésil.
Selon L'Équipe, la préparation du Maroc se poursuit avec deux autres amicaux : contre Madagascar le 2 juin à 19h00, et la Norvège le 7 juin à 21h00. Madagascar, une autre nation africaine, offrira une nouvelle occasion de peaufiner les schémas tactiques, tandis que la Norvège, une équipe qui compte l'attaquant d'élite Erling Haaland, promet un défi bien plus exigeant. L'amicale ultérieure de la Norvège contre la France ajoute de l'intrigue, la positionnant comme un baromètre utile pour la résilience défensive et la cohésion globale du Maroc.
La route vers la Coupe du Monde est pavée de ces étapes progressives, et bien que la performance de mardi n'effacera pas tous les doutes, elle établit un ton positif. La prestation de la seconde période du Maroc a montré la puissance de feu à sa disposition, mais l'équipe doit trouver de la constance dès le coup d'envoi. Avec le Brésil qui se profile, il n'y a guère de place pour la léthargie qui a marqué les 45 premières minutes contre le Burundi.
Basé sur des reportages de L'Équipe.