La victoire 1-0 d'Arsenal contre West Ham était loin d'être simple, mais c'était le genre de victoire rugueuse et maîtrisée qui définit souvent les champions. Les Gunners sont désormais cinq points en tête de la Premier League, mais les discussions après le match se partageaient entre le courage tactique de Mikel Arteta et une décision controversée du VAR qui a refusé une égalisation dans le temps additionnel à West Ham.
Arteta s'est forgé une réputation de planificateur méticuleux, mais contre West Ham, il a été contraint de s'adapter en cours de match. L'Espagnol a effectué trois séries distinctes de changements, et seule la dernière tentative — l'entrée de Martin Odegaard, Kai Havertz, puis Noni Madueke — a directement conduit au but de la victoire. Pourtant, la volonté de continuer à ajuster, même lorsque les changements précédents n'ont pas fonctionné, a montré un entraîneur prêt à risquer les critiques pour gagner trois points.
Le premier changement est survenu involontairement lorsque Ben White a quitté le terrain sur blessure à la 28e minute. Arteta a opté pour Martin Zubimendi, déplaçant Declan Rice au poste d'arrière droit. La logique était solide : Rice pouvait gérer l'ailier athlétique de West Ham, Crysencio Summerville, tandis que la qualité technique de Zubimendi maintiendrait le contrôle au milieu. En pratique, Arsenal a perdu son rythme et West Ham a créé des occasions avant la mi-temps. Arteta a admis plus tard, via l'analyse de Danny Murphy sur BBC Sport, que le mouvement n'avait pas fonctionné comme prévu.
À la pause, Arteta a agi de manière décisive. Il a remplacé Riccardo Calafiori par Cristhian Mosquera, déplaçant Myles Lewis-Skelly au poste d'arrière gauche et repoussant Rice au milieu de terrain central. La stabilité défensive est revenue, mais la verve offensive a disparu. Arsenal a tâtonné sans inciser, et l'horloge a défilé vers un match nul frustrant. À la 67e minute, Arteta a relancé les dés : Odegaard et Havertz pour Eberechi Eze et Zubimendi. Puis, à 10 minutes de la fin, il a remplacé Bukayo Saka par Madueke — remplaçant un attaquant clé qui avait été parmi les joueurs les plus dangereux d'Arsenal.
Le pari a payé. Odegaard, qui a eu du mal à trouver sa meilleure forme cette saison, a immédiatement injecté de l'urgence. Son pressing a donné le ton, et ses passes ont commencé à déverrouiller la défense de West Ham. Le moment gagnant est arrivé lorsque Odegaard a joué un une-deux tranchant avec Rice, s'est précipité dans la surface, et au lieu de tirer, a délivré une passe parfaitement dosée à Leandro Trossard pour une finition calme. C'était un moment de classe qui a rappelé à tous pourquoi Odegaard est le capitaine d'Arsenal — et pourquoi Arteta lui a fait confiance dans les moments cruciaux.
Au-delà des changements tactiques, le match a été marqué par une décision majeure du VAR. À la 95e minute, Callum Wilson a poussé le ballon dans le filet, mais le but a été refusé pour une faute sur le gardien David Raya. Les rediffusions ont montré Pablo Fornals empêchant Raya de lever le bras, tandis que Jean-Clair Todibo tirait son maillot. Bien que certains aient crié à l'incohérence — étant donné qu'Arsenal a souvent profité de fautes similaires — la décision était correcte en soi. Murphy a noté sur BBC Sport qu'il s'agissait d'une faute claire, et Arsenal a bénéficié d'une décision qui a enfin puni les accrochages devenus courants sur les coups de pied arrêtés.
Cette victoire a souligné la profondeur de l'effectif d'Arsenal. Au cours des dernières semaines, différents joueurs ont émergé : Eze, Madueke, Havertz et Saka ont tous marqué des buts cruciaux. Contre West Ham, c'était Odegaard et Trossard. Cette capacité à compter sur plusieurs joueurs décisifs, plutôt que sur une seule star, a été la marque de fabrique des finalistes de la deuxième place la saison dernière — et maintenant, cela les pousse vers le titre. Les Gunners ne gagnent pas seulement ; ils gagnent de différentes manières, s'adaptent à l'adversité sans perdre leur sang-froid.
Pour Arteta, la victoire était un témoignage de son courage. Comme l'a dit Murphy, la marque d'un bon entraîneur est d'essayer quelque chose, de voir que cela échoue, et d'essayer autre chose. Arteta l'a fait trois fois. Seuls les derniers changements ont fonctionné, mais cela a suffi. Si Arsenal soulève le trophée de la Premier League, ce match pourrait être considéré comme le jour où l'audace de leur entraîneur a fait basculer la course au titre en leur faveur.
Basé sur un reportage de BBC Sport.