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Mohamed Salah quitte Liverpool : 257 buts, quelle est la

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Après 257 buts et un titre de Ligue des champions, Mohamed Salah quitte Liverpool pour un nouveau chapitre, laissant un héritage durable. Ce que son départ

Mohamed Salah a mis fin à son séjour historique de sept ans à Liverpool, quittant Anfield après avoir marqué 257 buts et remporté tous les grands honneurs nationaux et européens. L'attaquant de 33 ans cherche désormais un nouveau défi, fermant un chapitre qui l'a transformé d'un ailier talentueux en l'un des attaquants les plus prolifiques du monde et une icône culturelle dans son pays natal.

Pour comprendre le parcours de Salah, il faut se rendre à Nagrig, un village dans le delta du Nil où tout a commencé. Ghamry Abd El-Hamid El-Saadany, l'un de ses premiers entraîneurs, se souvient d'un petit garçon qui se démarquait même contre des coéquipiers plus âgés par ses tirs puissants et sa détermination sans faille. "Il faisait des choses que même les plus grands ne pouvaient pas faire", dit El-Saadany, debout sur le terrain artificiel maintenant nommé d'après Salah. Le centre de jeunesse, avec ses nouvelles portes vert foncé et sa surface immaculée, sert de sanctuaire au héros local, mais ce sont les routes de terre et les champs environnants qui ont forgé son humilité et sa faim.

L'éducation footballistique de Salah a exigé d'immenses sacrifices. Adolescent, il faisait le trajet de Nagrig au club cairote d'Arab Contractors, un aller-retour qui pouvait prendre jusqu'à 14 heures. Il commençait à un arrêt de bus exigu dans le village, se serrait dans un minibus partagé jusqu'à Basyoun, puis changeait à Tanta et de nouveau à la gare de Ramses au Caire avant d'arriver enfin à l'entraînement. Après les séances du soir, il inversait le trajet, rentrant souvent chez lui près de minuit. "Imaginez un enfant partant à 10 heures du matin et ne revenant pas avant minuit", dit El-Saadany. "Seul quelqu'un avec un objectif clair pouvait supporter un tel fardeau." Cette volonté de fer est devenue le fondement de sa carrière.

Les chiffres à Liverpool parlent d'eux-mêmes : 257 buts toutes compétitions confondues, un triomphe en Ligue des champions, un titre de Premier League et plusieurs Golden Boots. Pourtant, au-delà des statistiques, Salah est devenu le "Roi égyptien" — un surnom gagné par la constance, les moments décisifs et une connexion presque spirituelle avec les fans. Au Dentists Cafe dans l'est du Caire, où les supporters se réunissent pour regarder les matchs, Lamisse El-Sadek porte un maillot de Liverpool avec le nom de son défunt père. "Chaque match de Liverpool était deux heures parmi les plus heureuses dans notre foyer", dit-elle. "Salah n'est pas issu de la privilège. Il a travaillé dur et sacrifié pour arriver là où il est. Beaucoup d'entre nous se voient en lui."

Les racines de Salah restent profondément ancrées à Nagrig. Ahmed El Masri, le coiffeur du village qui lui a donné sa coupe de cheveux bouclés et sa barbe signature, rit en se rappelant comment le jeune Salah choisissait toujours Liverpool sur PlayStation tandis que ses amis prenaient Manchester United ou Barcelone. Cet amour préfigurait une ère qui ferait de lui un talisman à Anfield. Maintenant, les tuk-tuks à Nagrig arborent des autocollants de son visage souriant, et chaque enfant rêve de suivre son chemin.

Son départ laisse Liverpool avec un vide immense. Remplacer un attaquant qui a marqué en moyenne plus de 30 buts par saison pendant une grande partie de son mandat est une tâche ardue pour le prochain entraîneur et directeur sportif. L'intelligence sans ballon de l'Égyptien, son pressing et sa capacité à livrer dans les matchs clés étaient aussi vitaux que sa finition. Pour l'Égypte, cependant, ce départ pourrait affiner sa concentration en sélection. Avec la Coupe du monde 2026 à l'horizon, Salah — qui n'a pas encore remporté de trophée majeur avec les Pharaons — pourrait maintenant canaliser son énergie pour mettre fin à cette disette. Le matériau source souligne ses ambitions nationales non réalisées, et une nouvelle situation de club pourrait lui permettre de mieux gérer sa charge de travail pour les trêves internationales.

Où Salah atterrira ensuite reste un sujet de spéculation intense. À 33 ans, il a déjà suggéré qu'il peut jouer jusqu'à 40 ans, et son bilan de forme physique suggère qu'il lui reste plusieurs années de haut niveau. Un transfert en Arabie saoudite a été évoqué, tandis qu'un passage dans un autre géant européen ou même en MLS ne peut être écarté. Sa décision façonnera l'acte final de son héritage — et déterminera potentiellement comment Liverpool reconstruira son attaque. Les Reds doivent maintenant évoluer sans un joueur qui a défini leur identité pendant près d'une décennie.

De retour à Nagrig, l'histoire est déjà légendaire. Le centre de jeunesse amélioré, le salon de coiffure, les minibus — tout témoigne d'un voyage de débuts modestes à la gloire mondiale. Le succès de Salah a uni une nation de 115 millions de passionnés de football, offrant un symbole d'espoir dans un pays où le sport est une obsession quotidienne. Comme le dit El-Saadany, "Sa famille vit toujours ici avec humilité, valeurs et respect. C'est pourquoi les gens les aiment."

Alors que Salah entame son prochain chapitre, le trône du Roi égyptien à Anfield sera difficile à combler. Pour Liverpool, le défi est de réinventer la ligne d'attaque. Pour l'Égypte, c'est de transformer enfin le génie individuel en gloire collective. Et pour Salah, c'est de prouver que son histoire a encore plus de chapitres à écrire — peut-être aussi remarquables que le premier.

Basé sur un reportage de BBC Sport.