Mikel Arteta a précisé qu'Arsenal ne freinera pas les célébrations de leur victoire en Premier League, même avec la finale de la Ligue des champions contre le Paris Saint-Germain qui se profile à quelques jours. S'exprimant dans L'Equipe, l'entraîneur espagnol a insisté sur le fait qu'il serait une erreur de réprimer la joie d'avoir mis fin à la longue attente du club pour la gloire nationale.
Les Gunners ont remporté le titre de Premier League de manière spectaculaire, décrochant leur premier titre de première division anglaise depuis la saison des Invincibles en 2003-04. Ce triomphe marque l'aboutissement d'un projet de reconstruction minutieux sous la direction d'Arteta, qui a transformé Arsenal en une machine à gagner implacable.
Cependant, les célébrations interviennent avec un court délai : la finale de la Ligue des champions est prévue samedi à Budapest, où Arsenal affrontera une équipe du PSG riche en stars. Cette succession rapide a suscité un débat sur la question de savoir si l'équipe devrait modérer ses festivités pour rester en forme pour le spectacle européen.
Arteta, cependant, est sans équivoque. 'Ce serait une erreur de ne pas célébrer', a-t-il déclaré. 'Il faut vivre chaque moment comme il vient. Ces joueurs ont tout donné, et ils méritent de profiter de cela.'
Le titre met fin à une disette de 22 ans qui pesait lourdement sur l'identité du club. Le dernier sacre en championnat d'Arsenal remonte à l'ère d'Arsène Wenger, lorsque des joueurs comme Thierry Henry et Patrick Vieira balayaient tout sur leur passage. Depuis lors, des quasi-réussites et des espoirs déçus ont frustré une base de fans habituée au succès.
Les psychologues du sport débattent depuis longtemps de l'équilibre optimal entre repos et libération émotionnelle. Certains soutiennent qu'une approche mesurée préserve l'énergie physique et mentale. D'autres, comme Arteta, croient que savourer la réussite peut galvaniser un groupe, transformant la joie en élan.
La situation fait écho à d'autres dilemmes très médiatisés dans le football. En 2022, Liverpool a célébré avec enthousiasme ses coupes nationales avant la finale de la Ligue des champions, pour perdre de justesse face au Real Madrid. À l'inverse, des équipes qui ont minimisé leurs succès ont parfois semblé émoussées lors des matches suivants.
La position d'Arteta reflète également son style de gestion des hommes. Depuis qu'il a pris les rênes en 2019, il a mis l'accent sur la culture et la cohésion, forgeant une unité soudée. Permettre aux joueurs de se délecter de leur victoire historique en championnat pourrait renforcer les liens précisément au moment où ils sont le plus nécessaires.
Le PSG, quant à lui, sera un adversaire redoutable. Les Parisiens ont leur propre point à prouver, ayant échoué lors des récentes finales de la Ligue des champions. Avec Kylian Mbappé probablement en tête d'affiche, ils testeront la résilience défensive d'Arsenal.
Si Arsenal parvient à exploiter le sommet émotionnel de leur triomphe en Premier League sans perdre leur concentration, ils pourraient aborder la finale de Budapest avec un avantage psychologique. À l'inverse, une célébration désordonnée pourrait fragiliser la concentration. Le pari d'Arteta est que la joie alimentera, et non nuira, à leur intensité.
'On ne peut pas mettre la vie en pause', a ajouté Arteta. 'Samedi viendra de toute façon. Mais ce soir, on célèbre.' Ses mots soulignent une philosophie qui fait confiance aux joueurs pour gérer leurs émotions professionnellement.
Alors que les Gunners se préparent pour la semaine la plus importante de leur histoire récente, le monde du football observe attentivement. Que l'approche d'Arteta se révèle magistrale ou téméraire sera jugé sur le terrain à Budapest. Pour l'instant, Arsenal est champion, et ils comptent bien en profiter. D'après un reportage de L'Equipe.