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Pourquoi Ayyoub Bouaddi a choisi le Maroc plutôt que la

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Ayyoub Bouaddi (18 ans), joueur de Lille, a choisi le Maroc plutôt que la France pour sa carrière senior, visant les Coupes du Monde 2026 et 2030. La FRMF a

Ayyoub Bouaddi, le milieu de terrain lillois de 18 ans présenté comme l'un des meilleurs talents de la génération 2007 aux côtés de Lamine Yamal et Pau Cubarsi, a engagé son avenir international senior au Maroc, snobant les avances de la France. La Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) a officialisé l'annonce jeudi soir, mettant fin à des mois de spéculation sur l'allégeance du binationational.

Né à Creil, dans l'Oise, Bouaddi a progressé dans la prestigieuse académie de Lille et a déjà accumulé 96 apparitions professionnelles avec le club de Ligue 1, un total impressionnant pour un joueur de son âge. Il a porté le maillot des Espoirs, l'équipe de France des moins de 21 ans, à dix reprises, indiquant qu'il était dans le viseur des Bleus. Cependant, l'attrait de représenter le Maroc au plus haut niveau s'est avéré décisif.

Dans une interview accordée à L’Équipe en décembre, Bouaddi a exposé ses plus grandes ambitions : « Gagner la Coupe du Monde, la Ligue des Champions, tout gagner. » Il a spécifiquement désigné le tournoi de 2026, qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique, comme une proposition attrayante. « 2026, évidemment, c’est attrayant, c’est une belle Coupe du Monde avec un nouveau format, donc tout le monde aimerait y jouer », a-t-il déclaré. En choisissant le Maroc, il se positionne pour un rôle de premier plan dans cette compétition et, surtout, pour la Coupe du Monde 2030, que le Maroc co-organisera avec l’Espagne et le Portugal.

Cette décision souligne l’attrait croissant du Maroc pour les joueurs binationaux. Depuis leur parcours historique jusqu’aux demi-finales de la Coupe du Monde 2022 au Qatar, les Lions de l’Atlas sont devenus un symbole de l’ambition footballistique africaine et arabe. La fédération a investi massivement dans les infrastructures, le développement des jeunes et un environnement professionnel rivalisant avec les meilleurs d’Europe. Un responsable de la FRMF a déclaré à L’Équipe : « Le Maroc offre aujourd’hui l’un des systèmes les plus structurés, les plus visibles et les plus prometteurs en termes de développement du football. Les jeunes talents y trouvent des perspectives de croissance, un environnement de haute performance et des horizons sportifs conformes aux meilleures normes internationales. »

Le choix de Bouaddi n’est pas un cas isolé. Le même responsable a souligné une dynamique continue, citant les récents ralliements de Brahim Diaz (venu d’Espagne), Neil El Aynaoui et du prometteur jeune Ibrahim Rabbaj. « Le Maroc continue d’attirer et de fédérer ses meilleurs talents, génération après génération », a ajouté le responsable. Ce flux de talents de la diaspora a enrichi la profondeur et la compétitivité de l’équipe nationale, permettant au sélectionneur Walid Regragui de mélanger joueurs locaux et stars formées en Europe.

Pour la France, perdre un prospect du calibre de Bouaddi est un coup dur, bien que pas inédit. La pyramide footballistique française regorge de talents, et l’équipe senior reste parmi l’élite mondiale. Pourtant, la décision de Bouaddi reflète un schéma plus large : les jeunes binationaux voient de plus en plus des voies plus claires et plus rapides vers les grands tournois avec des nations africaines. La perspective de jouer deux Coupes du Monde avant 25 ans est une incitation puissante que la France, avec son réservoir senior plus profond, ne peut pas facilement offrir.

La progression rapide de Bouaddi en club fournit une base solide. Il approche les 100 matchs seniors avec Lille, un rythme remarquable qui témoigne de sa préparation physique et de sa maturité tactique. Opérant comme milieu de terrain central dynamique, il allie grâce technique et combativité—des attributs qui devraient se transposer sans difficulté sur la scène internationale. Le milieu de terrain marocain, emmené par des joueurs comme Sofyan Amrabat et Azzedine Ounahi, accueillera favorablement sa créativité et son énergie.

La Coupe du Monde 2026 sera la première à compter 48 équipes et un nouveau format, augmentant le nombre de matchs et le potentiel de stars émergentes. Le rêve de Bouaddi de tout gagner peut sembler ambitieux, mais avec la trajectoire ascendante du Maroc, il n’est pas hors de portée. Le tournoi du centenaire en 2030, avec des matchs sur son sol natal, ajoute un poids émotionnel et historique à sa décision—une opportunité de devenir un héros national.

Les critiques pourraient avancer que le choix de Bouaddi était pragmatique, motivé par une voie plus claire vers le football senior, mais le milieu de terrain lui-même le présente comme un lien avec ses racines. « C’est le choix de ses racines », a noté L’Équipe, et son origine familiale le lie à la communauté marocaine. À une époque où l’identité nationale dans le football est fluide, ces décisions sont profondément personnelles et transcendent souvent le simple calcul sportif.

L’approche proactive de la FRMF a été un facteur clé. En construisant un solide réseau de recrutement et en maintenant des relations avec les communautés expatriées, la fédération a créé un récit convaincant : le Maroc n’est pas seulement une option de repli mais une destination pour les joueurs ambitieux. La visibilité et la structure du système ont permis aux joueurs d’envisager plus facilement une carrière internationale fructueuse sous le drapeau marocain.

Alors que Bouaddi se prépare à revêtir le rouge et le vert, l’attention se portera sur son intégration dans l’équipe de Regragui. Avec la CAN 2025 à l’horizon et les éliminatoires de la Coupe du Monde en cours, il pourrait faire ses débuts prochainement. Son arrivée ajoute de la concurrence et de la qualité à un groupe qui a déjà prouvé qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs mondiaux. Le garçon de Creil est désormais prêt à enflammer les supporteurs passionnés de Casablanca, Marrakech et au-delà.

En choisissant le Maroc, Bouaddi a aligné son destin avec l’un des récits les plus vibrants du football. La route vers 2026 et 2030 est longue, mais il s’est placé au cœur d’une équipe qui rêve grand—et a déjà montré sa capacité à créer des surprises sur la scène mondiale. D’après un reportage de L’Équipe.