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Pourquoi le départ de Salah de Liverpool marque la fin

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Salah quitte Liverpool en transfert libre après une résiliation anticipée de son contrat, mettant fin à 9 ans, 257 buts, et des titres de Premier League et de

Mohamed Salah fera ses adieux émouvants à Liverpool à Anfield dimanche, mettant fin à une glorieuse période de neuf ans qui a redéfini l'ère moderne du club. L'entraîneur Arne Slot refusant de confirmer sa participation contre Brentford, le départ de l'Égyptien en transfert libre — après que le club a accepté une résiliation anticipée de son contrat — marque la fin brutale d'un règne qui a livré 257 buts, 119 passes décisives et un trésor de distinctions majeures.

Signé de la Roma en 2017 pour 34 millions de livres, Salah est arrivé avec des doutes persistants de son précédent passage en Premier League à Chelsea. Lors de ses débuts à Watford, menés 2-1 à la mi-temps, l'entraîneur de l'époque Jürgen Klopp a lancé « Bienvenue en Premier League. » La frappe de Salah en seconde période, ainsi que les buts de Sadio Mané et Roberto Firmino, ont sauvé un match nul 3-3 et offert un premier aperçu de ce qui allait suivre. Ce trio d'attaque allait devenir l'une des unités offensives les plus redoutées du football mondial, remportant la Ligue des champions, la Premier League et la Coupe du monde des clubs de la FIFA tout en recevant les éloges de Pep Guardiola : « Ils me font peur, ils sont dangereux. »

Pourtant, la chimie entre Salah et Mané n'a jamais été chaleureuse. Firmino a révélé plus tard qu'il agissait comme « pompier » lorsque les tensions montaient, mais cette rivalité intense a poussé les deux à des sommets incroyables. Klopp, réfléchissant en mars, a déclaré à BBC Sport que Salah « a établi de nouvelles normes pour un footballeur professionnel — à quel point on peut travailler dur, combien on peut investir dans la récupération. » Ces normes ont imprégné tout l'effectif, le capitaine Virgil van Dijk admettant qu'il « manquera à 100 % » le leadership par l'exemple de Salah.

Les chiffres seuls sont stupéfiants. Les 257 buts de Salah le placent troisième au classement historique du club derrière Ian Rush (346) et Roger Hunt (285). Il a enregistré 119 passes décisives, soit une moyenne d'un but ou d'une passe décisive toutes les 94 minutes — une remarquable implication de 376 actions en 35 326 minutes. Seuls Rush et Hunt ont marqué plus pour Liverpool ; aucun joueur étranger de l'histoire de la Premier League n'a marqué plus que les 193 buts de Salah dans l'élite. Rush lui-même, interrogé par BBC Sport, a admiré comment Salah « a porté cela à un autre niveau » et a même montré un « sens de l'humour scouser » en le questionnant sur le comptage des buts à l'entraînement.

L'obsession de Salah pour les détails marginaux est devenue légendaire. Après une victoire 5-0 contre Watford, il a demandé au gardien Ben Foster de quel côté il aurait plongé pour un penalty — un petit moment qui résumait sa détermination sans relâche. Cette mentalité, combinée à un changement vers un langage corporel plus positif après les conseils d'Andrew Robertson, l'a transformé en une figure dont l'impact allait bien au-delà des statistiques. « Mo n'est pas un grand parleur, mais il est un leader par l'exemple », a déclaré van Dijk à la BBC.

Mais la campagne a pris un tournant amer. L'explosion de Salah contre Leeds en décembre, lorsqu'il a été mis sur le banc pour un troisième match consécutif, a exposé des fissures profondes avec Slot. Il avait débuté 53 matchs consécutifs de Premier League avant cette période, et cette mise sur le banc a signalé le début de la fin. Des sources indiquent que Slot et la hiérarchie de Liverpool étaient satisfaits que Salah résilie son contrat un an plus tôt, lui permettant de partir cet été sans indemnité. Cette saison difficile — la première de Slot et sans doute la plus dure du club — a également été secouée par la mort du coéquipier Diogo Jota en juillet, une tragédie qui, selon Salah, l'a rendu « effrayé » de revenir à Liverpool après la pause.

La rencontre de dimanche contre Brentford sera un après-midi d'émotions contradictoires. Pour un joueur qui s'est autrefois assis sur un trône à Anfield pour célébrer une prolongation de contrat, le départ est une abdication un an avant l'échéance. Le roi égyptien, qui est passé du village de Nagrig à l'un des athlètes les plus reconnaissables de la planète, laisse une marque indélébile sur le club et le monde arabe.

Son avenir immédiat est flou — quel club ou même quel pays il représentera la saison prochaine reste inconnu. Ce qui est certain, c'est que son héritage à Liverpool est assuré. Les buts, les trophées, la pure joie qu'il a procurée à travers des moments de magie sur le terrain seront chéris longtemps après le coup de sifflet final de dimanche. Comme l'a noté un employé du club, Salah était « un footballeur jusqu'au plus profond de son être », un joueur dont le produit final — buts et passes — est devenu la monnaie de sa grandeur.

Dans une ère où la constance est l'attribut le plus difficile à maintenir, Salah a livré une production d'élite année après année. Ses 58 implications de but lors de sa saison de débuts et 57 lors de ce que beaucoup considéraient comme une saison de retour l'an dernier démontrent une longévité rarement égalée. Ceux qui le connaissent bien parlent d'un homme agréable à côtoyer mais farouchement conscient des opinions extérieures — le genre qui « garde les reçus. » Pour les fans de Liverpool, les reçus sont une collection de moments inoubliables : les buts record, les courses épuisantes, les penalties imperturbables.

Le refus de Slot de garantir une place de titulaire à Salah contre Brentford ne fait qu'ajouter au sentiment qu'une ère se termine non par un coucher de soleil héroïque mais par un pointage silencieux. Pourtant, l'absence de grand adieu ne peut diminuer ce qui a précédé. Comme l'a dit Rush, « Ce ne sont pas seulement les buts ; regardez le nombre de passes décisives et c'est un footballeur complet. » Cette complétude — alliée à une volonté de fer — a établi le modèle pour une génération.

Basé sur le reportage de BBC Sport.