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Prime de 2 M€ pour les Bleus : aubaine marketing de la

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La France ouvre contre le Sénégal le 16 juin ; une victoire pourrait voir Mbappé décrocher des contrats de marque de 2 M€, Olise et Doué chercher des

Quand Didier Deschamps a dit à ses champions du monde fraîchement couronnés en 2018 : « À partir de ce soir, vous n'êtes plus les mêmes », il ne parlait pas seulement d'immortalité sportive. Le sélectionneur français, qui a capitaine les Bleus lors de leur triomphe en 1998, connaissait le séisme marketing que déclenche un titre de Coupe du monde. Alors que la France se prépare à lancer sa campagne nord-américaine contre le Sénégal le 16 juin, les enjeux hors terrain n'ont jamais été aussi élevés. Une deuxième victoire consécutive en finale – et une troisième étoile – non seulement graverait cette génération plus profondément dans le folklore du football, mais débloquerait aussi une manne commerciale qui pourrait redéfinir leur carrière.

Les chiffres sont stupéfiants. Des stars comme Kylian Mbappé commandent déjà des contrats de plusieurs millions d'euros, mais une victoire en Coupe du monde pourrait doubler les contrats existants, selon l'agent d'image Frank Hocquemiller. « Pour vraiment bénéficier des retombées, il faut gagner », a-t-il souligné, insistant sur le fait que l'audience mondiale unique du tournoi – plus de 20 millions de téléspectateurs français seulement pour les récentes finales – catapulte les joueurs de célébrités nationales à icônes internationales de marque. Michael Manuello, agent du meilleur buteur de tous les temps Olivier Giroud, a expliqué : « Ces internationaux passent dans une autre dimension – médias, économie, droits à l'image. Ils peuvent décrocher des campagnes majeures totalement hors de portée pour un coéquipier moins établi. »

Pourtant, les richesses ne sont pas réparties équitablement. Hocquemiller a estimé que seuls « cinq ou six joueurs attraperont une grosse part du gâteau ». Le fossé en matière de commercialisation se reflète dans les prix : un joueur comme Giroud pourrait se situer dans la fourchette de 200 000 à 500 000 € par contrat, tandis qu'Eduardo Camavinga obtient entre 500 000 et 800 000 €. Mbappé, en revanche, évolue dans une stratosphère multimillionnaire. Pour le joueur international de base, même un tournoi remarquable pourrait limiter les contrats à environ 100 000 € – un rappel que l'attrait de la marque reflète souvent la visibilité sur le terrain.

Cette dynamique met en lumière les talents émergents de la France. Michael Olise, Désiré Doué, Rayan Cherki et Bradley Barcola sont tous des débutants en Coupe du monde avec de « énormes cartes à jouer », comme l'a noté Hocquemiller. Leurs saisons explosives en club ont déjà attiré l'attention, mais une victoire en Coupe du monde pourrait les transformer du jour au lendemain en chouchous du marketing. « S'ils parviennent à gagner cette coupe, je pense qu'ils en bénéficieraient énormément », a-t-il ajouté. Les joueurs offensifs attirent naturellement plus d'attention, mais un moment mémorable – comme la volée sublime de Benjamin Pavard en 2018 – ou une personnalité distinctive peuvent aussi percer.

Les vétérans aussi ont beaucoup à perdre. Giroud, ambassadeur pour Rexona, Amora et Lidl, montre comment un titre de 2018 rapporte encore près d'une décennie plus tard. Les campagnes Lay's de Thierry Henry et les annonces omniprésentes de voitures de Frank Leboeuf prouvent que l'éclat marketing de 1998 ne s'est pas estompé. Pour la génération actuelle, une défaite n'effacerait pas leur valeur marchande, mais une victoire « double vos contrats », comme l'a dit crûment Hocquemiller. Le match d'ouverture contre le Sénégal devient ainsi plus qu'un simple match de groupe : c'est la première audition pour les marques qui regardent attentivement.

La compétition en coulisses peut être aussi féroce que n'importe quelle séance de tirs au but. Des initiés des marques décrivent un marché où les joueurs se bousculent pour la visibilité, se sous-cotant parfois mutuellement. « Si cinq joueurs sont dans une campagne télé, celui qui est laissé de côté sera prêt à baisser son prix juste pour avoir sa propre place », a confié une source. Une telle manœuvre explique pourquoi certaines marques pourraient déjà regretter leurs paris précoces – comme l'a laissé entendre un initié, ceux qui ont misé sur Camavinga pourraient se sentir « un peu déçus » si son rôle ne correspond pas au battage médiatique initial.

Les annonceurs grand public – fabricants de téléviseurs, constructeurs automobiles, opérateurs télécoms, supermarchés – ont tendance à favoriser des figures consensuelles et à large attrait. Cela favorise souvent les stars établies, mais la capacité de la Coupe du monde à créer des récits signifie qu'un nouveau héros culte peut émerger de nulle part. L'équipe de 1998 offre encore des leçons : le partenariat durable d'Adidas avec Zinédine Zidane et la longévité publicitaire de Leboeuf après sa carrière montrent comment un titre peut ancrer une identité de marque pendant des décennies. Même un membre charismatique de l'équipe comme Leboeuf, qui n'était pas la plus grande star sur le terrain, s'est taillé une niche durable.

Alors que le choc contre le Sénégal approche, la double voie à suivre est claire. Sur le terrain, une victoire donnerait le ton pour un tournoi où les Bleus font partie des favoris. Hors du terrain, le même résultat déclencherait une ruée parmi les marques pour s'aligner sur les héros nouveaux ou confirmés. Les joueurs connaissent l'équation : les buts et la gloire se traduisent directement en euros. La prophétie de Deschamps en 2018 est plus vraie que jamais – seulement cette fois, la transformation commence le 16 juin, sous le soleil nord-américain, avec une nation et le monde de l'entreprise qui regardent. Basé sur un rapport de L'Équipe.