Xxgwise
PremiumConnexion
Actualités

Zidane : pourquoi son retour en France en 2005 a été

Coupe du MondeReal MadridGrèceFranceAnversParaguayLesothoPartizan de BelgradePartizaniParis FCÎles FéroéSuissePortugalAllemagneBrésilIsraël

Le 3 août 2005, Zinédine Zidane a annulé sa retraite internationale, qualifiant la décision de 'mystique' et ouvrant la voie à la finale de la Coupe du monde

Le 3 août 2005, vers 16 heures, heure de Paris, le monde du football a été secoué par une simple déclaration publiée sur le site personnel de Zinédine Zidane. Le message était bref mais sismique : 'J'ai décidé de revenir chez les Bleus. (...) J'ai bien réfléchi et je veux reprendre l'équipe de France. (...) L'équipe de France m'a tellement donné que je veux l'aider.' Par ces mots, le milieu de terrain du Real Madrid, âgé de 33 ans, mettait fin à sa retraite internationale, une décision qu'il avait jurée définitive après la déception de l'Euro 2004.

Cette défaite en quart de finale contre la Grèce en juin 2004 avait été une sombre nuit pour les Bleus. En tant que champions d'Europe en titre, ils étaient censés dominer les outsiders, mais ils se sont inclinés 1-0, Zidane étant visiblement frustré et épuisé. Dans la foulée, il a quitté l'équipe nationale, insistant sur le fait que son époque était révolue. Pendant plus d'un an, il est resté fidèle à ce serment, même si l'équipe de France peinait sans son génie créatif.

Le contexte du revirement de Zidane était une équipe de France en crise. En août 2005, l'équipe de Raymond Domenech peinait dans une campagne de qualification pour la Coupe du monde difficile. Ils avaient fait match nul contre Israël, la Suisse et l'Irlande, et s'étaient difficilement imposés contre les Îles Féroé. La perspective de manquer la Coupe du monde 2006 était cruellement réelle. Les fans et les commentateurs réclamaient le retour de Zidane, mais peu s'attendaient à ce qu'il écoute. Pourtant, au fond de lui, Zidane ressentait une attirance qu'il a plus tard qualifiée de 'mystique' — un sentiment de travail inachevé et un devoir envers la nation qui l'avait autrefois couronné champion du monde.

L'élément mystique de la décision de Zidane ne peut être surestimé. Dans des interviews suivant l'annonce, il a parlé d'un sentiment qui transcendait la logique, comme si le destin lui-même le rappelait. Ce n'était pas un mouvement de carrière calculé ; c'était une conviction émotionnelle et presque spirituelle. Des coéquipiers ont révélé plus tard que des conversations privées avec des figures clés, dont l'ancien capitaine Didier Deschamps et le capitaine de l'époque Patrick Vieira, avaient peut-être joué un rôle, mais Zidane a insisté sur le fait que le choix était purement le sien. La phrase 'ce qui m'arrive est assez mystique' — ce qui m'arrive est assez mystique — a capturé la nature énigmatique de son retour.

L'impact footballistique fut immédiat et transformateur. Zidane a retrouvé ses partenaires vétérans Lilian Thuram et Claude Makélélé, qui ont également répondu à l'appel de Domenech. Le trio a apporté stabilité, classe et une redoutable mentalité de gagnant. La forme de la France s'est redressée : une victoire cruciale 1-0 contre l'Irlande à Dublin, une série de performances sereines, et finalement un succès en barrage a assuré leur place en Allemagne. La vision et la palette de passes de Zidane ont donné une nouvelle dimension à l'attaque, prouvant qu'à 33 ans, il restait le cœur de l'équipe.

Une fois à la Coupe du monde 2006, le récit a pris une qualité presque mythique. La France a commencé lentement, faisant même match nul 0-0 contre la Suisse lors de son premier match, mais l'influence de Zidane a grandi à chaque match. Dans les tours à élimination directe, il a orchestré une fameuse victoire 3-1 contre l'Espagne, puis a produit une leçon de football contre le Brésil en quarts de finale, délivrant la passe décisive pour le but vainqueur de Thierry Henry. La demi-finale contre le Portugal l'a vu marquer le penalty décisif. Contre toute attente, Zidane avait traîné la France jusqu'en finale à Berlin.

La finale contre l'Italie le 9 juillet 2006 est devenue un classique instantané pour des raisons à la fois glorieuses et tragiques. Zidane a ouvert le score avec un penalty à la Panenka qui a touché la barre transversale, un moment d'audace à couper le souffle. Mais le match est à jamais marqué par son coup de tête violent sur Marco Materazzi pendant les prolongations, après que le défenseur italien aurait insulté sa sœur. Zidane a été expulsé lors de son dernier match professionnel, passant devant le trophée de la Coupe du monde dans une sortie silencieuse et emblématique. La France a perdu aux tirs au but, mais l'image de Zidane seul, tête baissée, est devenue le symbole persistant d'un héritage complexe.

La nouvelle série documentaire de L'Équipe, '9 juillet 2006', plonge dans toute cette saga, utilisant 30 courtes vidéos pour explorer comment cette finale et son prélude ont remodelé la culture du football français. Le documentaire commence par cette annonce d'août 2005, la présentant comme le moment où une histoire nationale est passée du désespoir au destin. Il examine non seulement le drame sur le terrain, mais aussi la résonance sociale et émotionnelle du parcours de Zidane — un fils d'immigrés dont les triomphes et les fragilités reflétaient les contradictions de la nation.

D'une perspective plus large, le retour de Zidane a eu des implications considérables. Il a cimenté son statut d'icône du football capable de fléchir le cours de l'histoire par une seule décision. Le retour 'mystique' a transformé une humiliation potentielle — manquer la Coupe du monde — en une aventure qui a captivé le monde, même dans la défaite. Il a également recadré la façon dont les athlètes d'élite abordent la retraite : parfois, l'appel de la grande scène est trop puissant pour être ignoré, et l'héritage se forge dans les retours les plus improbables.

Les critiques pourraient soutenir que Zidane a terni son héritage avec son coup de tête, mais la mémoire collective l'intègre plutôt dans un récit plus large de complexité humaine. C'était un génie capable d'un art sublime et d'émotion brute, et sa résurrection en 2005 nous a permis d'être témoins des deux extrêmes. Sans cet après-midi d'août, il n'y a pas de finale 2006, pas de coup de tête emblématique, et peut-être pas de mythe durable de Zidane en tant que héros imparfait.

En fin de compte, la décision de revenir a été un moment déterminant non seulement pour Zidane mais aussi pour l'équipe de France. Elle a rappelé au monde le pouvoir qu'un seul joueur peut exercer, et comment le sport peut transcender le terrain pour devenir une référence culturelle. Comme le documentaire le révèle, les germes de cet été inoubliable de 2006 ont été plantés un jour d'août tranquille, poussés par une force que même le grand homme lui-même ne pouvait appeler que mystérieuse.

Basé sur des reportages de L'Équipe.