La course au titre du championnat écossais se dirige vers une conclusion dramatique. Hearts mène depuis octobre, mais après la victoire 3-1 du Celtic dans le derby de l'Old Firm contre les Rangers, les champions ne sont plus qu'à un point avec deux matchs restants. La question sur toutes les lèvres : le Celtic est-il devenu le favori pour conserver sa couronne ?
La résurgence du Celtic a été remarquable. Depuis la défaite contre Dundee United en mars, ils ont remporté six matchs consécutifs toutes compétitions confondues, dont cinq victoires en championnat qui ont progressivement réduit l'avance de Hearts. À Celtic Park, ils ont été quasi impénétrables, remportant les quatre matchs à domicile depuis une défaite en février contre Hibernian, marquant dix buts et n'en concédant que trois.
L'ancien milieu de terrain du Celtic, Neil Lennon, a souligné le changement de dynamique. "Ils ont retrouvé leur intensité", a-t-il déclaré, pointant l'effet psychologique de la fin des espoirs de titre des Rangers. L'avis de Lennon est soutenu par les statistiques : le Celtic est sur une série de cinq victoires consécutives en championnat, tandis que Hearts, bien qu'invaincu en six matchs, a dû revenir au score dans cinq de ces rencontres, perdant des points à Livingston et Motherwell.
Les blessures menacent également la course de Hearts. Le défenseur central Craig Halkett et le milieu de terrain Marc Leonard ont subi de sérieux chocs à Fir Park, tandis que l'attaquant Claudio Braga a semblé épuisé lors de ses dernières sorties. L'ancien ailier écossais Pat Nevin estime que l'entraîneur de Hearts, Derek McInnes, "doit commencer à s'inquiéter du nombre de blessures." L'absence de joueurs clés pourrait s'avérer décisive dans la dernière ligne droite.
Le spectre de 1986 plane. Cette année-là, deux buts d'Albert Kidd pour Dundee ont privé Hearts du titre et l'ont offert au Celtic. Nevin s'attend à ce que ce traumatisme pèse sur l'effectif de Hearts alors que la pression monte. "C'est le genre d'histoire qui s'infiltre dans la psyché", a-t-il noté.
La renaissance du Celtic est largement attribuée à l'entraîneur intérimaire Martin O'Neill, qui a restauré l'unité après une période de déconnexion entre les supporters et le conseil d'administration. "Se débarrasser de la toxicité à Celtic Park a été énorme", a déclaré Nevin. O'Neill a amélioré l'effectif existant sans avoir besoin de recrutements en janvier, transformant des joueurs comme Callum McGregor en leaders gagnants de titres.
Malgré la dynamique, O'Neill reste prudent. "Je n'ai jamais été confiant", a-t-il admis. "La dynamique peut changer à tout moment." Il a décrit les matchs restants du Celtic comme "deux montagnes à gravir", avec un déplacement piégeux à Motherwell d'abord. "Nous devons gagner car je m'attends à ce que Hearts gagne", a-t-il ajouté.
Les matchs en milieu de semaine préparent le terrain pour un éventuel dénouement décisif le dernier jour. Le Celtic se déplace à Fir Park mercredi, tandis que Hearts accueille Falkirk. Les deux devraient gagner, préparant un affrontement monumental à Celtic Park samedi prochain. Une victoire pour l'un ou l'autre scellerait probablement le titre, tandis qu'un match nul maintiendrait Hearts en tête à la différence de buts.
Hearts est invaincu contre le Celtic cette saison, avec deux victoires en trois rencontres, mais la forme du Celtic et l'avantage du terrain font pencher la balance. L'ancien milieu de terrain de Hearts et des Rangers, Andy Halliday, a noté l'impact motivationnel d'O'Neill : "Il a rendu tous les joueurs que le Celtic avait déjà meilleurs." La possible dernière saison de l'entraîneur vétéran ajoute un carburant émotionnel.
Alors que la course au titre atteint son apogée, tous les regards sont tournés vers Glasgow. La dynamique du Celtic, combinée aux malheurs des blessures de Hearts et au bagage historique, suggère que les champions sont désormais favoris. Mais la résilience de Hearts ne doit pas être sous-estimée. Le dernier jour promet d'être un classique.
Basé sur un reportage de BBC Sport.